Quatre chaînes indépendantes de la télévision numérique terrestre (TNT), BFM TV (NextRadioTV), Direct 8 (groupe Bolloré), NRJ 12 (NRJ Group), et NT1 (groupe AB) se sont inquiétées mercredi dans un communiqué commun d'une éventuelle discrimination dans leur numérotation après la fusion des bouquets satellitaires CanalSat et TPS.

"En tant que chaînes gratuites qui ne vivent que de la publicité, nous souhaitons avoir une numérotation qui soit toujours la même", a indiqué dans une déclaration Alain Weill, PDG de la chaîne d'information en continu BFM TV et président du groupe NextRadioTV.
Dans leur communiqué, les quatre chaînes, qui seront automatiquement reprises dans le bouquet final, précisent qu'elles ont alerté la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) "sur le traitement discriminatoire dont elles sont victimes dans leur positionnement au sein des bouquets satellitaires".
La DGCCRF, direction du ministère de l'Economie et des Finances, doit se prononcer, selon les signataires, le 18 août sur le dossier de la fusion entre les bouquets satellitaires français, CanalSat (groupe Canal+) et TPS (66% TF1 et 34% M6). On souligne cependant au ministère de l'Economie que le ministre dispose d'un délai jusqu'à la fin août pour se prononcer et que la décision ne devrait être connue qu'à la fin du mois.
Les quatre chaînes "redoutent que la fusion entre TPS et CanalSat renforce les risques d'éviction, car les actionnaires de TPS et CanalSat sont et seront à la fois distributeurs et éditeurs de services, c'est-à-dire purement et simplement juge et partie".
Elles notent que "l'exposition des chaînes, et notamment la numérotation, est un sujet stratégique pour les services gratuits, puisqu'ils dépendent exclusivement des ressources publicitaires".
Sur TPS, a relevé Alain Weill, BFM TV "occupe le canal 52, avec Beur TV, Pink TV, KTO, alors que nous devions être dans le bloc +news+". Sur CanalSat, a-t-il ajouté, BFM TV "est dans un bloc "news" élargi, mais pas à côté de LCI et i-TELE et après Bloomberg, qui est une vraie barrière pour le téléspectateur".
Les quatre chaînes estiment donc "essentiel que le ministre de l'Economie et des Finances impose la reprise de la numérotation 1 à 18 des chaînes gratuites de la TNT sur l'offre monopolistique TPS/CanalSat, en contrepartie de cette fusion à laquelle le gouvernement s'apprête à donner son feu vert, sans attendre l'aménagement du projet de loi relatif à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur auquel il s'est engagé".
De leur côté, les chaînes indépendantes du câble et du satellite, regroupées dans l'association Access (Association des chaînes conventionnées éditrices de service) revendiquent aussi une numérotation stable quel que soit le support et la possibilité de recevoir un numéro d'ordre précédant, dans certains cas, celui des chaînes gratuites de la TNT.
"La problématique n'est pas la même: nous voulons avoir les mêmes avantages que les chaînes historiques privées (TF1, Canal+, M6)", a souligné Alain Weill, "parce que, comme elles, nous ne vivons que de la publicité, alors que les chaînes du câble et du satellite vivent d'abord des redevances payées par les bouquets".